Développeur : fiction vs. réalité

2021-09-09
Développeur : fiction vs. réalité

Même affalé dans le divan, le métier de développeur trouve toujours un moyen de pointer le bout de son nez. Qu’on se le dise : les représentations qu’on fait de ce métier à la télé ne sont pas toujours d’une incroyable justesse. Entre grotesque et complètement à côté de la plaque, on a décidé de déceler le vrai du faux. Et si par la même occasion, on peut vous apprendre quelques trucs, on ne va pas se gêner.

Fiction #1 : Développer, ça se fait les yeux fermés.

– Roger, appelle toute l’équipe : on a un “;” de perdu ! 

– Ok, je mobilise nos 40 employés, tu penses qu’on sera assez sur ce clavier ou je contacte quelques freelances supplémentaires sur Malt ?

Réalité :

Si votre souhait était de taper sur un clavier de façon simultanée avec quelqu’un d’autre, on vous conseille plutôt d’aller faire un tour au conservatoire.

Photo de clavier
WAAAW ! C’est beau Symfony.

La fiction aime entretenir l’idée comme quoi le métier de développeur consisterait à connaître par cœur tous les langages de programmation et solutions techniques à n’importe quel bug.  AHAHAHA tout développeur, aussi fainéant qu’intelligent, vous le dira : il vaut mieux être capable de réfléchir correctement, savoir trouver rapidement l’information utile à l’instant T (en cherchant sur Internet ou dans des documentations) et être capable de l’utiliser correctement, plutôt que de connaître par cœur des technologies web, qui vont évoluer, changer, voir ne plus être utilisées.

Fiction #2 : développer, c’est savoir déchiffrer.

– On recrute, il nous faut un profil de type nocturne, capable de déchiffrer des hiéroglyphes verts descendant rapidement de haut en bas. Si la personne porte un trench et des lunettes noires, c’est un plus.

– J’connais un mec qui s’appelle Néon ou Néo, j’sais plus trop, mais il est plutôt brillant.

Matrix code
Plutôt pilule rouge ou pilule bleue ?

Réalité :

Désolé de casser le mythe, mais ce que le cinéma vous a montré dans le film des sœurs Wachowski provient en réalité d’un des livres de recettes appartenant à la femme du chef décorateur.

J’aime à raconter à tout le monde que le code Matrix est composé de recettes de sushi .

Simon Whiteley chef décorateur de Matrix et créateur du code.

Maki aurait pu se douter que c’était ça ?

Les langages de programmation se rapprochent davantage du langage parlé que de hiéroglyphes verts complètement nébuleux. Pour bien maîtriser les langages, il faut bien maîtriser leurs syntaxes. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle ça un langage de programmation. Le but premier est de se faire comprendre par la machine, comme ce que je fais ici avec vous, en écrivant des phrases en français et en respectant certaines règles liées à cette langue.

Exemple :

Si je vous dis : “gfzudok” vous allez faire une grimace étrange ou penser que mon chat s’est posé sur mon clavier. Par contre, si je dis : “Je veux un maki”, vous comprendrez que je souhaite avoir un maki, parce que je vous parle en français. Si vous êtes sympa, vous irez m’en chercher un, et si vous êtes mon père, vous me direz : “Déjà, on dit j’aimerais bien et puis vas-y toi ********”. Maintenant si j’écris : <h1>, le navigateur comprend que je souhaite commencer un titre, et il le fera jusqu’à ce que je lui demande d’arrêter en écrivant : </h1>, parce que je lui parle en HTML et que lui, contrairement à mon père, n’a pas le choix de le faire ou non.

Fiction #3 : Développer, c’est un truc d’excentrique.

– Darlaine on a un problème ! Les tacos 5 viandes supplément Nutella, raclette, hareng envahissent les écoles. La seule option que nous avons est de pirater le réseau de la CIA pour passer tout le pays en code rouge, fermer les écoles et ainsi éviter une indigestion mondiale. Qui appeler ? 

– J’ai la personne qu’il vous faut, il s’appelle Rayan, connu sous le nom virtuel de “Ray1”, jeune informaticien de 30 ans aux compétences techniques hors du commun. Il vit dans la cave de papa, maman, porte un t-shirt Batman sauce BBQ depuis 3 ans, a les pointes des cheveux qui puent les pieds, mais pour ce qui est du hack, c’est un as ! Il débloque n’importe quelle situation en tapant n’importe comment sur son clavier. Attention, quand il viendra, il faudra bien penser à fermer toutes les fenêtres et quitter la pièce, il n’aime ni le soleil, ni les gens.

Réalité :

On l’avait déjà dit dans les compétences dont un développeur web n’a pas besoin, mais on le rappelle quand même : le métier de développeur, c’est un métier comme les autres. Il est tout à fait possible de l’exercer sans faire de cure de sébum depuis des années ou encore en aimant le travail d’équipe. On est donc assez loin de l’individu en capuche planqué dans la cave de maman.

Fiction #4 : Développer, ça se fait avec du matos qui coûte plus d’un millier d’euros, au moins.

– Pourquoi t’hésites à te lancer dans la programmation ?

– Bah, j’aime bien mon salon comme il est, j’suis pas trop chaud à l’idée de me la jouer Valérie Damidot version informatique, avec des écrans à la place des murs et tout le bordel. Et puis, je ne pense pas avoir assez de cochons à casser.

developpeur derriere ses ecrans 1 oclock
Le nombre minimum d’écrans pour développer correctement.

Réalité :

Comme disait ce bon vieux Plutarque : “La barbe ne fait pas le philosophe.” Et, s’il était à nos côtés, il aurait sûrement déclamé :

Le matos ne fait pas le développeur

Pas Plutarque, mais ça aurait pu.

Bon, après, même si le matos ne fait pas tout, il faut quand même quelques trucs de base, comme un ordinateur ou encore une connexion internet. Pour développer, c’est quand même pas mal. Mais pas besoin de vendre un rein pour se lancer dans le développement web, du matériel de base fera très bien l’affaire. Ce qui importe, c’est ce que vous allez faire sur votre ordinateur, il ne va pas coder pour vous, alors un conseil : gardez vos reins. Voilà, de rein.*

*de rein, de rien. On l’assume à moitié celle-là.

Fiction #5 : Développer, c’est avoir un humour douteux.

Attendez… L’article, c’est pas : “Développeur : Fiction VS Réalité.” ? Parce que là, c’est juste une réalité.

On tenait simplement à maintenir le seul préjugé qu’on ne peut pas nier. Pour ça, pas besoin d’en dire plus, vous n’avez qu’à jeter un coup d’œil à l’humour décapant de nos étudiants : Les blagues de développeurs #2

Pookie

Voilà, c’est la fin de notre premier article “Développeur : Fiction VS Réalité.”  Si vous pensez encore à d’autres clichés de fiction, n’hésitez surtout pas à nous les balancer ! Qui sait, on fera peut-être un  “Développeur : Fiction VS Réalité #2.”