Apprendre le codage informatique à l’ère de l’Intelligence Artificielle

Dev
14 mai 2018
Faut-il apprendre à programmer ? Au risque de vous décevoir, codeur n’est pas un métier d’avenir. C’est un métier d’aujourd’hui.

Mais que cache cette procrastination culturelle qui voudrait faire du métier de développeur un métier d’avenir ? Si vous lisez ces lignes, c’est parce qu’un développeur a permis que ces lignes soient écrites dans un système de gestion de contenu. Et qu’elles soient stockées dans une base de données. Puis qu’elles soient utilisées pour générer du DOM permettant de créer la page que vous voyez. Et si vous la voyez, c’est parce que vous avez devant vos yeux un appareil électronique dont le système a été programmé, comportant un navigateur web qui lui aussi a été codé. Bref, vous avez compris le tableau ; je vous ai pourtant épargné de nombreuses couches.


Le métier de développeur, et en particulier le métier de développeur web, est un métier en tension. Comprenez: les recruteurs ont du mal à trouver des talents, car les candidats compétents sont très convoités. Je dis bien, candidats compétents. L’erreur serait en effet de croire qu’il suffit d’apprendre à coder pour devenir développeur.

Il y a aussi l’erreur inverse, celle de croire qu’il faudrait 10 ans d’expérience pour pouvoir être développeur. On en croise parfois, qui ont peur de la nouveauté, qui ont peur d’avoir fait 5 ans d’études pour rien, ou tout simplement qui aiment troller ce qu’ils ne comprennent pas. Je n’en parlerais pas plus que ça, car ça reste anecdotique.

L’erreur, c’est de penser le développement, enfin « le code », comme une nouvelle tendance que tout le monde devrait un peu connaître pour faire joli sur son CV. Le pire, c’est de penser que bidouiller une ligne de code est une compétence qui va devenir indispensable. C’est tout simplement faux.

Ce décalage avec la réalité du métier de développeur ne serait pas gênant en soi s’il ne recevait pas un tel écho dans le monde économique et politique. Dès qu’il y a le mot « code », « numérique » ou mon préféré, « digital », on trouve ça génial, sans vraiment réfléchir ou vérifier la qualité. Bien que sur ce point précis, les choses évoluent.

L'univers du code, du digital, du numérique.
« Ouais voilà, c’est bien comme image pour illustrer. Ça fait digital, c’est bon ça. Bon, l’écran est éteint, ça va, chipotte pas. Tiens rajoute une équerre, faut des maths pour coder il parait. »

l’ère de l’intelligence artificielle

La semaine dernière, deux actualités ont défrayé la chronique : la mort de Naomi suite à l’incompétence humaine, l’IO18 de Google montrant les compétences de l’IA, appelant un salon de coiffure ou un restaurant pour prendre rendez-vous.

La succession de ces deux évènements en deux jours fait tilt. La fiabilité de la machine, contre l’humain. Peut-on faire le poids face à l’intelligence artificielle ? On a souvent l’habitude de rétorquer que les robots n’ont pas de sentiments. « Ils ne peuvent pas sourire, ne font pas preuve d’empathie. »

Mais dans ces deux situations, qui a été agréable et qui a été insensible ? Par décence, je ne vous partage pas l’enregistrement de l’appel au SAMU de Naomi. En revanche, voici la prouesse de l’IA de Google Duplex :

Impressionnant. Plus personne ne peut sous-estimer l’IA après une telle démonstration, les deux interlocuteurs ne se sont aperçus de rien. Le « Mmh-mm » du premier appel, où le changement de plan du 2e appel est éloquent : assez entraînée, une IA peut avoir des réactions tout à fait humaines. Et ce n’est que le début.

Et le codage informatique dans tout ça ?

Forcément, de tels exploits de la part d’une intelligence artificielle, ça fait réfléchir. Si une IA arrive à réaliser une tâche censée être difficile pour un humain, qu’est-ce que ça donne sur des tâches plus faciles pour un robot, comme l’automatisation ou le codage informatique ?

L’année dernière, un article intitulé : « Apprendre à coder ? Non ! » a ouvert le débat. L’idée : on a besoin de développeurs aujourd’hui, mais demain l’IA les remplacera.

Quoi, on a créé O’clock pour rien ?
😱

Derrière ce titre provocateur, une réflexion un peu plus profonde sur l’avenir du développement logiciel. Un article à prendre avec des pincettes, mais qui pose des questions intéressantes, comme toujours avec le docteur Alexandre. Coder, c’est l’avenir ? Doit-on tous apprendre à coder ?

« Tout le monde peut coder ! »

C’est vrai, tout le monde peut coder. Il n’y a pas de dispositions particulières à avoir pour taper du code dans un éditeur de texte. Mais doit-on tous se mettre à taper des lignes de code pour autant ?

tout le monde peut cuisiner
« Tout le monde peut cuisiner.
Mais est-ce que tout le monde devrait ? »

Le code : un moyen, pas une fin

Les écoles de code — O’clock y compris — ne demandent bien souvent aucun prérequis académique. Simplement parce qu’aucun examen ne sait réellement calculer ce qu’on appelle parfois le quotient intellectuel. Ce terme en lui-même fait polémique, notamment car il n’intègre pas l’intelligence émotionnelle, le « savoir-être », et les façons de le mesurer, je vous dis pas… Pour autant, nous ne sommes pas tous égaux à ce niveau. Chez O’clock, nous faisons passer des tests à nos futurs étudiants, aussi bien intellectuels que relationnels, afin de nous assurer qu’ils pourront s’épanouir pendant la formation. Si tout le monde peut coder, tout le monde ne va pas forcément aimer, réussir ou avoir l’envie de coder.

Mais surtout, tout le monde n’a pas intérêt à apprendre à coder ! On parle d’insérer des cours de code dès l’école primaire. Enseigner la logique, la réflexion, la prise de décision, la gestion d’équipe, la gestion des problèmes seraient pourtant de meilleures solutions pour former des développeurs. Le code n’est que le moyen actuel pour arriver à sortir de terre un projet informatique.

On ne code pas aujourd’hui de la même manière que l’on codait hier, et on ne codera pas demain de la façon dont on le fait aujourd’hui. Il existe déjà certaines expériences, comme CSSRooster, un robot qui choisit pour nous des noms de classes appropriées en fonction de notre code CSS. Ce n’est que le début bien sûr (et ce n’est intéressant que si nous savons à quoi sert CSS), mais l’IA sera de plus en plus un compagnon du développeur. Jusqu’au jour où l’IA codera pour nous, mais ce jour-là, il y aura toujours des projets à mener, des décisions à prendre. A quoi bon apprendre le code à nos enfants si celui-ci sera obsolète lorsqu’ils seront adultes ?

Mais l’intelligence biologique alors, poubelle ?

Il faut avoir de la logique pour être développeur. Mais si même les meilleurs d’entre nous sont moins bons qu’une IA, à quoi bon ? La question peut se poser. Mais les futurologues les plus consciencieux savent bien qu’on ne peut rien prévoir de manière certaine.

On imaginait des voitures volantes pour l’an 2000. Parfois, on a été trop optimistes. On anticipait de gros bugs pour la même année. Parfois, on a été trop pessimistes. On attendait Clinton et Juppé pour 2017, on a finalement Trump et Macron. Parfois, on ne voit tout simplement rien venir.

Affirmer que l’IA remplacera l’homme partout, ce n’est juste qu’un plan sur la comète de plus. Nous aurons certainement toujours une place dans le processus de création, mais elle sera tout aussi certainement différente.

Développeur, un metier d’aujourd’hui

Un besoin immédiat

En attendant, les IA ne savent pas développer aujourd’hui un projet complet, alors même que le besoin est immédiat. Dans ce cadre, doit-on apprendre à coder à nos enfants ? Pas forcément. Doit-on apprendre à coder si on est adulte, et qu’on adore l’informatique et les possibilités que cela ouvre ? Absolument !

Développeur, c’est un métier d’aujourd’hui, et des dizaines d’années à venir. Mais c’est un métier qui évolue tous les jours. C’est impensable de vouloir apprendre à coder aujourd’hui si ce n’est pas pour en faire quelque chose immédiatement.

Ça tombe bien, car apprendre le métier de développeur ne requiert pas plusieurs années d’études ! Avec 85% de réussite à l’examen du Titre Professionnel de Développeur Logiciel, les étudiants qui sortent de notre formation en sont la preuve. Mais surtout, c’est aujourd’hui que nous avons besoin de développeurs !

Oui, mais demain ?

Les développeurs d’aujourd’hui seront en poste pendant encore de très longues années. Google Duplex et consort, ce sont plusieurs années de travail. Ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Et devinez qui code le Machine Learning qui permet à l’IA d’apprendre à prendre rendez-vous chez le coiffeur ? Oh, des développeurs…

Former des développeurs, pas des codeurs

Des développeurs codent, certes, mais pas que. C’est une nuance que la plupart de l’opinion publique ne saisit pas : devenir développeur, ça ne veut pas seulement dire savoir coder. Cela veut surtout dire savoir s’organiser, architecturer, répondre à des besoins et à des contraintes. Finalement, le code c’est simplement la manière la plus simple — aujourd’hui — de retranscrire tous ces besoins de façon précise.

les specs, c'est du code
Source : CommitStrip

Demain, il y aura sûrement des développeurs, mais le code ne sera peut-être plus le moyen le plus adapté pour créer. Peut-être que les développeurs élèveront des IA spécialistes du code, afin que chaque personne non-développeur puisse créer à son tour. Quoi qu’il en soit, toutes les problématiques d’accessibilité, de marketing, de performances, d’UX ou de contenu seront très certainement toujours présentes.

O’clock forme les développeurs d’aujourd’hui. Il y a tant à construire ! On estime à 200 000 emplois créés dans les 5 prochaines années. Et pour après, qui vivra verra…

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