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Quitter un CDI confortable pour se reconvertir à 40 ans : pari fou ou choix nécessaire ?

05/08/2026
quitter un cdi pour se reconvertir à 40 ans

Quitter un CDI pour se reconvertir à 40 ans : les bonnes questions à se poser.

Pari fou ou choix nécessaire ? Voici ce qu’il faut vraiment mettre sur la table avant de vous décider.

Un bon salaire, un poste stable, et pourtant l’envie de tout arrêter. Ce n’est pas contradictoire et c’est même une situation courante chez les personnes qui nous contactent pour un parcours en cybersécurité ou en administration systèmes et réseaux.

Vous avez peut-être 40 ans, un CDI depuis longtemps, un salaire confortable avec variable et voiture de fonction. Et pourtant les journées à rallonge et la fatigue qui ne part plus vous poussent à regarder ailleurs. La question n’est alors plus de savoir si vous êtes capable d’apprendre l’informatique. Elle est de savoir si le jeu en vaut la chandelle.

Cet article traite trois points précis : combien vous allez perdre en salaire et pour combien de temps, comment quitter un CDI sans vous retrouver sans filet, et comment transformer une expérience hors tech en atout plutôt qu’en handicap face à un recruteur.

Reconversion professionnelle et burn-out : un lien réel

Un bon salaire ne protège pas de l’épuisement professionnel. Ce sont même souvent les postes à responsabilités, avec des objectifs chiffrés et des semaines à rallonge, qui y basculent en premier.

Une étude de l’Observatoire du Bien-être (IPSOS, août 2025) montre que plus d’un salarié sur deux envisage aujourd’hui ou à moyen terme un changement de trajectoire professionnelle. Le mal-être au travail arrive en tête des raisons citées. Une étude menée par BVA pour France Compétences auprès de plus de 5 000 actifs situe à 16 % la part des reconversions motivées par des problèmes de santé, maladie ou burn-out confondus, derrière la perte de sens (27 %) et l’insatisfaction liée aux conditions de travail (23 %).

Changer complètement de métier reste malgré tout un choix minoritaire. Plusieurs études, dont des données de la DARES, indiquent que seuls 15 % des cadres en reconversion optent pour un changement radical de secteur, la majorité préférant rester proche de leur domaine d’origine. Partir d’un métier sans rapport avec la tech pour la cybersécurité n’a donc rien d’anodin, mais ce n’est pas non plus un cas isolé.

Quel salaire prévoir après une reconversion en cybersécurité ?

La réponse honnête est oui, vous allez perdre en salaire, au moins les premières années. Autant le savoir avant de monter un dossier de financement.

SituationSalaire brut annuel indicatif
CDI actuel, poste à responsabilités, expérience confirmée42 000 à 60 000 €
Premier poste après un TSSR (technicien systèmes et réseaux)24 000 à 30 000 €
Premier poste après un Expert Cybersécurité (administrateur d’infrastructures sécurisées)30 000 à 38 000 €

L’écart se resserre ensuite, porté par la pénurie de profils qualifiés. Selon l’Observatoire des métiers de la cybersécurité publié par l’ANSSI :

69 % des professionnels en poste sont sollicités par un recruteur chaque année.

Un profil certifié qui a fait ses preuves ne reste pas longtemps au salaire d’entrée, mais il faut compter sur une phase de reconstruction avant d’y arriver, le temps de capitaliser une première expérience terrain.

Comment quitter son CDI pour se reconvertir sans tout perdre

Il existe plusieurs façons de partir. Démissionner sans rien préparer n’en est ni la seule option, ni la meilleure dans la plupart des cas.

  • La démission pour reconversion (démission légitime) : elle ouvre droit aux allocations chômage si votre projet est validé par un conseiller en évolution professionnelle puis par la commission Transitions Pro. Elle suppose au moins 5 ans d’ancienneté cumulée.
  • La rupture conventionnelle : négociée avec votre employeur, elle donne droit à une indemnité de rupture et à l’allocation chômage. Elle est souvent plus simple à obtenir quand le poste actuel est difficile à tenir des deux côtés.
  • Le congé formation dit Projet de Transition Professionnelle (PTP) : vous restez en poste, votre salaire est maintenu pendant la formation, et vous ne démissionnez pas. Un employeur ne peut pas refuser un PTP éligible, il peut seulement en différer le début, jusqu’à 9 mois, s’il estime que votre absence nuit au fonctionnement de l’entreprise.

Le détail des démarches et des délais pour chaque option est expliqué pas à pas dans notre guide pour préparer sa démission et sa reconversion. Pour se reconvertir sans quitter son poste dans un premier temps, notre article sur la réorientation vers l’informatique détaille le fonctionnement du Transition Pro.

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Avant de démissionner, mieux vaut avoir fait le tour de la question !

Trouver un stage en reconversion à 40 ans, un vrai frein ?

C’est une inquiétude réelle et pas une fausse crainte à balayer. Mais l’âge n’est pas le facteur qui pèse le plus dans une recherche de stage.

Le stage n’est d’ailleurs pas systématique. Pour le TSSR, il est possible mais pas obligatoire (même si on vous le recommande fortement). Pour la formation AIS dite Expert Cybersécurité, 350 heures de stage en entreprise font partie du titre visé, et l’école accompagne la recherche.

Du côté de l’entreprise qui accueille un stagiaire, ce qui compte le plus, c’est la cohérence du projet professionnel et la capacité à devenir vite autonome sur le poste. Un profil qui a déjà géré des délais serrés, une équipe ou une relation client pendant quinze ou vingt ans coche souvent cette case mieux qu’un jeune diplômé qui découvre le monde du travail en même temps que le métier.

Comment valoriser son expérience professionnelle dans un CV de reconversion tech

Un CV de reconversion ne se construit pas comme un CV de sortie d’école. La compétence technique s’apprend en quelques mois de formation. La capacité à tenir un poste sous pression ou à défendre un dossier devant une direction, non.

Quelques exemples de compétences qui se transposent directement et qu’un profil expérimenté a tendance à sous-estimer sur son CV :

  • Le pilotage de projet sous contrainte de délai, transposable à la gestion d’incidents
  • La négociation ou la gestion de la relation client, transposable au dialogue avec des utilisateurs ou des équipes métier
  • La résistance au stress en environnement à objectifs chiffrés, directement recherchée pour les postes d’astreinte ou de supervision

Ces compétences ne se devinent pas à la lecture d’un ancien intitulé de poste. Elles doivent être écrites noir sur blanc, et préparées à l’oral, parce qu’un recruteur ne fera pas spontanément le lien entre un poste commercial et un poste d’administrateur systèmes.

L’âge, un frein réel ou une question mal posée

L’âge est rarement le vrai obstacle. Le secteur recrute des profils expérimentés parce qu’il a besoin de rigueur et de sang-froid, deux qualités qui se construisent avec les années plus qu’à l’école. Les chiffres complets sur la part des recrutements après 40 ans et l’origine des profils en reconversion sont détaillés dans notre article sur la reconversion cybersécurité sans diplôme.

« Ceux qui se reconvertissent ont souvent un haut niveau d’implication car ils veulent apprendre. »

Source : Christopher, DRH dans un grand groupe et fondateur de la plateforme Trouve-un-job.fr, cité dans « N’ayez pas peur de recruter des candidats en reconversion », Welcome to the Jungle, 18 juillet 2022.

Le vrai risque n’est pas l’âge. C’est de se lancer sans avoir chiffré la baisse de revenu et le mode de financement de la formation. C’est aussi de ne pas avoir vérifié que le métier visé correspond vraiment à ce qu’on imagine avant de le viser depuis chez soi, tutos à l’appui.

Les parcours O’clock pour une reconversion à 40 ans

Deux parcours mènent aux métiers de l’IT.

  • Le Technicien Supérieur Systèmes et Réseaux se prépare en 6 mois et ouvre sur des postes de technicien ou d’administrateur systèmes junior.
  • L’Expert Cybersécurité se prépare en 9 mois, stage de 350 heures inclus, et vise le titre d’Administrateur d’Infrastructures Sécurisées. Les deux formations se suivent en téléprésentiel, en direct avec un formateur et une promotion, depuis chez vous.

Si vous avez lancé votre projet de reconversion ou si vous hésitez encore, un appel d’orientation de 15 minutes permet de vérifier que le projet tient la route avant de vous engager. C’est gratuit et sans engagement : prendre rendez-vous.

FAQ : quitter son CDI pour se reconvertir en cybersécurité

Peut-on se reconvertir en cybersécurité sans démissionner de son CDI ?
Oui, via le Projet de Transition Professionnelle. Vous restez salarié, votre rémunération est maintenue pendant la formation, et votre poste vous est en principe garanti à votre retour si vous ne quittez pas l’entreprise au final.

Combien de temps avant de retrouver un salaire équivalent à son ancien poste ?
Il n’existe pas de délai garanti. Un profil Expert Cybersécurité progresse en général plus vite qu’un profil TSSR, porté par la pénurie de talents du secteur, mais le repositionnement salarial se construit sur plusieurs années d’expérience terrain.

Faut-il un projet à 100 % ficelé avant de démissionner ?
Non, mais le dossier doit être cohérent aux yeux d’un conseiller en évolution professionnelle. C’est justement le rôle de l’appel d’orientation et éventuellement du test de positionnement que de vérifier cette cohérence avant tout engagement.

Que se passe-t-il si le dossier de financement est refusé ?
Il peut être redéposé à une commission suivante, souvent après ajustement. Certains candidats mobilisent en parallèle un autofinancement partiel ou un autre dispositif comme le CPF pour ne pas dépendre d’une seule source.

Le rythme d’une formation intensive est-il tenable après 40 ans ?
Le format téléprésentiel, cours en direct de 9h à 17h du lundi au vendredi, est exigeant mais structuré, avec un cadre fixe plutôt qu’un e-learning à gérer seul le soir en plus d’une journée de travail. C’est souvent ce cadre, plus que l’âge, qui détermine si le rythme est tenable.