L’an de grâce 1 après JC

2018-02-06
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Il est parmi nous. En chacun de nous. Sa voix résonne dans nos cœurs et dans les salles de classe virtuelles où il distille ses cours. Jean-Christophe (JC pour les intimes) nous raconte son ascension. 

Bon, on va révéler l’escroquerie tout de suite JC. En fait, t’es pas le messie du tout…

Au risque de te décevoir, je dois l’avouer : non. On a pourtant souvent voulu me coller cette étiquette (ma mère la première, bien sûr, vu que c’est elle qui me l’a collée) et j’ai dû m’adapter et tenter de faire bonne image, avec plus ou moins de réussite 🙂 Maintenant, si tu es curieux et que tu veux croire à cette possibilité, je te conseille le visionnage du film The Man From Earth (2007), tu en apprendras plus sur moi…

Depuis quand tu officies à O’clock ?

J’ai intégré l’équipe le 3 avril 2017 exactement. O’clock cherchait un formateur-développeur pour la spé Symfony et les cours PHP (mais aussi HTML et CSS). Je travaillais comme développeur depuis un bon moment et j’ai eu l’occasion de former des personnes à différentes reprises, dans le cadre de formation en entreprise mais pas dans le cadre d’une formation intensive comme chez O’clock. L’arrivée de mon deuxième enfant a été le déclencheur pour donner plus de sens à mon travail et dans une fulgurance, j’ai saisi mon clavier pour répondre à l’annonce (c’était un de mes pouvoirs, que je n’avais pas encore exercé pour moi-même). Deux semaines plus tard j’arrivais chez O’clock, avec une grande joie ?

Tes débuts étaient compliqués ou tu marchais sur l’eau ?

Tu veux parler de la tasse que j’ai bue ? En arrivant je me suis concentré sur la spé Symfony, et comme la promo était réduite, je trempais mes pieds sur le bord de l’eau tout en peaufinant le programme, ça c’est plutôt bien passé. Puis, je suis passé dans le grand bain avec une promo à vingt, c’est là que j’ai réalisé que… je ne marchais pas sur l’eau ! Ma mère était déçue. Mes suiveurs furent déçus. Mais pas longtemps ! Prenant mon courage à deux mains et grâce à l’aide de mes collègues et plus particulièrement de Philippe (tu sais la doublure vocale du “Chef” dans les Simpsons), j’ai pu ouvrir les eaux en deux (je sais c’est Moïse mais après tout je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas le faire). J’ai pu me remettre en route et réjouir mes suiveurs, ma mère, ma femme, mes enfants, mes collègues… L’expression “les chiens aboient, la caravane passe” était née.

Comment tu décrirais ta méthode d’enseignement ? Si un étudiant échoue, tu distribues les pains ?

Je distribue des pains de glace, pour se rafraîchir en cas de surchauffe, et du pain perdu, car il faut de l’énergie pour apprendre ! Hormis ça, ma méthode est basée sur la connaissance des bases du langage, savoir ce que l’on veut obtenir, quelles notions nous permettent d’atteindre notre objectif. L’échec dont tu parles n’est pas censé se produire : si l’étudiant est motivé et bien conscient que c’est vers le développement qu’il veut aller, ses erreurs lui seront bénéfiques. Depuis que je code j’utilise toujours un peu les mêmes méthodes : savoir lire un message d’erreur (jusqu’à que ça devienne anodin), savoir déboguer un programme (identifier où ça coince), travailler par étapes successives et progressives en testant régulièrement son programme. Et lire la doc 🙂 Petit à petit tu écriras de plus grosses portions de code, mais au départ il faut vraiment y aller à son rythme. Ne pas avoir peur de tester, de faire des erreurs et de recommencer. Et pour finir, la passion et la persévérance sont des atouts qu’il vaut mieux avoir de son côté.

Tu qualifierais l’apprentissage du développement web comme un chemin de croix ?

Je ne vais pas énumérer les 14 stations du chemin de croix mais il est vrai que c’est une métaphore qui peut fonctionner, avec un peu moins de souffrance tout de même ! Bien sûr comme dans tout apprentissage il existe ce qu’on appelle une “courbe d’apprentissage” et celle du développement web se présente comme ceci : le début de l’apprentissage se fait dans l’euphorie avec la découverte des premières notions et un pic de confiance, puis vient une traversée du désert pendant laquelle on acquiert les compétences de manière plus approfondies : avec la persévérance et la pratique, si tu sors la tête haute de ce désert, qui peut durer “un certain temps”, la confiance revient et le plaisir avec. Tu te sentiras alors prêt à travailler. Je qualifierais donc plutôt cet apprentissage de “montagne russe”.


Ouais mais « Montagne Russe », ça fiche en l’air ma métaphore filée. Enfin bref… Instant « prêche pour sa paroisse » : pourquoi c’est important d’apprendre Symfony aujourd’hui ?

Je ne vais pas pouvoir te faire la réponse longue 🙂 Pour faire simple, lors des quinze dernières années, le web est un domaine qui a dû industrialiser ses méthodes, sa façon de créer du code. Les sites Internet et applications fonctionnant en mode client-serveur, on oppose souvent le développement “front” (interface utilisateur) et “back” (stockage, code métier, partie cachée de l’iceberg). Je dirais que cette industrialisation a commencé surtout du côté du back-end et Symfony fait partie des frameworks back-end PHP qui tiennent le haut du pavé, voire qui donne le ton aux autres. Avec un framework, tu ne réinventes pas la roue et tu ne perds pas de temps à créer ton outil de travail : tu investis ton temps dans la tâche qui t’est demandée plus que la technologie sous-jacente. C’est donc plus de valeur ajoutée pour le même temps de développement.

Symfony a des concurrents dont un certain Laravel, je dirais que c’est comme préférer le Coca-Cola ou le Pepsi. Symfony est également rattrapé par la technologie JavaScript qui prend de plus en plus de parts de marché côté back. Là encore ça dépend des goûts de chacun. Mais choisir Symfony, c’est choisir un framework ultra-stable et mature, dont les offres d’emploi sont nombreuses. De plus si tu apprends Symfony, tu seras capable de switcher facilement sur d’autres frameworks. Car la musique de Symfony n’est pas la plus simple qui soit à déchiffrer, mais en même temps te donne des bases solides pour faire du développement back.

Pour un développeur, c’est quoi le péché originel ?

Ah ah ? Cela dépend du développeur, mais on peut dire avec quasi certitude que c’est ce moment où la vue de quelques lignes de code et le résultat obtenu déclenchent un déclic dans le cerveau, ou dans le coeur, ou les deux. Pour moi cela a été des lignes de code écrites en langage BASIC sur un Thomson MO5, qui dessinait des lignes telles que je l’avais indiqué au programme. Ou encore la découverte d’un Shoot’em up en ASCII qu’un pote avait codé sur l’Apple II de son père. J’avais 13 ans et c’était en l’an… 13, forcément 😀 (disons que c’était aussi 13 ans avant l’an 2000, je te laisse faire le calcul). Quand un développeur a goûté à ce fruit défendu (Apple a bien choisi son logo), s’ensuit une poursuite vers l’envie d’en apprendre plus, dans tous les domaines du développement, qui sont vastes et où chacun pourra s’enthousiasmer comme il l’entend. C’est la porte ouverte à la création numérique, infinie.

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Il n’y a pas que le code dans la vie.

Comment se passe ta relation avec tes autres apôtres ? (dernière référence, et après on arrête). Le télétravail, ça te plait ?

Je bossais en télétravail depuis huit ans avant d’arriver chez O’clock, donc ce format ne m’est pas étranger. Mais le contexte était différent et nous n’étions pas aussi nombreux ! Avec les autres apôtres, nous entretenons une relation professionnelle et amicale, dans la joie, la bonne humeur et la studiosité ! De part notre travail, nous échangeons très souvent par tous les moyens possibles : tchat, vocal, visio, mail, à coup d’issues github aussi beaucoup 🙂 Les projets que nous avons en commun sont multiples et comme nous développons aussi les outils O’clock en plus de la formation, cela nous permet de ne jamais nous ennuyer ! Relation : au beau fixe ☀️

Tu disais un peu plus haut « la musique de Symfony ». On associe souvent la musique et le développement web. Toi même qui est un guitariste, pourquoi fait-on souvent ce lien spirituel entre ces deux disciplines ?

J’ai observé comme toi ce lien, sans jamais m’être penché de très près sur la question, mais j’ai noté ceci : les gens qui côtoient l’univers de l’architecture sont aussi très enclins à jouer de la musique voire même seulement à en écouter (du jazz, bien souvent, musique très complexe s’il en est). Et cette notion d’architecture justement revient très souvent dans le développement web, tout comme en musique, donc. On notera au passage le nom du framework Symfony… Il y a un autre point commun que j’ai remarqué, c’est le processus créatif mis en oeuvre en musique et dans le développement : que ce soit la matière musicale ou la matière “lignes de code”, elles nécessitent toutes deux qu’on les manipule un certain temps avant de pouvoir créer quelque chose, et cela même lorsqu’on démarre un nouveau projet, comme quand un peintre démarre sur une toile vierge.

Le fin mot de l’histoire : de mon point de vue, quelque soit la discipline, la technique côtoie l’art, l’un servant l’autre dans un objectif commun : la création.

Une seule conclusion : Amen ?