Développeuses #2 : le syndrome de l’imposteur

Mindset
6 mars 2018
Notre semaine spéciale #développeuses se poursuit ! Ici, une tribune écrite par Aurélie Vache qui s’interroge sur le syndrome de l’imposteur.

Je m’appelle Aurélie Vache, je suis développeuse depuis plus de 12 ans et je souffre de ce que l’on appelle le syndrome de l’imposteur. Au fil des années, j’ai appris à répondre à cette petite voix qui a tendance à me rabaisser. Je vais vous expliquer comment au jour le jour, je fais face à ce syndrome qui semble toucher une plus grande proportion de femmes que d’hommes. Mais d’abord, commençons par le commencement…

Qu’est ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le concept du syndrome de l’imposteur a fait son apparition au cours de l’automne 1978 grâce aux travaux, “The Imposter Phenomenon in High Achieving Women: Dynamics and Therapeutic Intervention”, menés par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes auprès de cadres dirigeantes. Les deux chercheuses ont voulu comprendre pourquoi certaines d’entre elles se montraient incapables d’assumer leur réussite.

syndrome imposteur

Historiquement, le phénomène a d’abord été détecté chez les femmes. Depuis les premiers travaux, des études ont montré qu’il touche tout autant les hommes et près de 3% des dirigeants.

Qui n’a pas un jour prononcer la phrase : j’ai l’impression d’être un imposteur ? Je ne me sens pas légitime de faire ceci ou de faire cela ? Certaines personnes sont persuadées qu’elles ne méritent pas leur succès, malgré les efforts qu’elles fournissent pour réussir. Elles s’auto-persuadent souvent que leur réussite n’est pas liée à leur travail, leur accomplissement personnel, mais tout bonnement à la chance ou bien au travail des autres. De fait, elles vivent en permanence avec un sentiment de duperie et craignent sans cesse que quelqu’un ne les démasque d’un jour à un autre.

Ce syndrome peut prendre plusieurs formes/apparences/manières et peut survenir à plusieurs périodes de notre vie. Vous savez cette petite voix qui vous dit peut être que vous n’êtes pas à votre place, que vous êtes moins bien que d’autres personnes, que vous n’avez rien à apprendre aux autres… c’est faux ! 😉

Il a été constaté que les développeurs, notamment les développeuses, et personnes exerçant un métier technique dans l’informatique, souffraient tout particulièrement de ce syndrome de l’imposteur (NDLR : on en parle par ici).
Ce terme revient très souvent et il va de pair avec le sentiment que l’on a de ne pas être légitime dans notre métier et face à nos pairs.


Mais pourquoi les femmes auraient plus le sentiment d’être des imposteurs lorsqu’elles exercent un métier où il y a une majorité d’hommes ?


Je suis développeuse depuis plus de 12 ans. J’ai recruté et géré une petite équipe. Je suis rédactrice d’articles techniques, active bénévole dans plusieurs associations dont Duchess France, co-organisatrice d’événements techniques (DevFest Toulouse) et de meetups (Toulouse Data Science), marraine AdoptADuchess et EllesBougent, je suis oratrice (newbie ^^)… Et pourtant, j’ai toujours le sentiment par moment d’être une imposteur.

Comment combattre/réduire ce syndrome ?

Je vous ai rédigé ci-dessous une liste non exhaustives de tips. Si vous avez vos astuces vous aussi, partagez-les en commentaires 😉
(Bien sûr, ces tips fonctionnent aussi pour les hommes !)

Des connaissances, des compétences, des victoires, tu as.

Vous pouvez commencer par lister toutes les choses accomplies, les connaissances et compétences apprises jusqu’à maintenant. Repensez aux journées où vous avez galéré à débuguer un problème et vous êtes parvenues à trouver la solution. Même si vous pensez que ce sont des petites victoires, ces événements permettent de chasser ce syndrome de l’imposteur.

Des amis, des pairs, des communautés, tu trouveras.

Entourez vous d’autres développeuses, faites partie d’une association, d’une communauté ou vous pourrez échanger et communiquer.

syndrome de l’imposteur

Être une duchess m’a permise de me sentir entourée et épaulée d’autres développeuses. Cela m’a permis de repousser les limites que je m’étais fixées.

Partager tes connaissances et retours d’expériences, tu peux.

Partager, présenter un talk… Vous pourrez tout d’abord présenter un retour d’expérience ou une technologie au sein de votre entreprise, puis lors de meetups et ensuite lors de conférences.

syndrome de l’imposteur

Vous pouvez commencer par effectuer une prez avec une autre personne, un co-speaker si cela vous effraie. Partager vos ReX ou expertises peuvent vous aider à prendre conscience que vous avez des choses à partager et à apprendre aux autres 😉

Effectuer des présentations, que ce soit dans le cadre du travail, ou lors d’événements techniques, demande du travail dans la réalisation des slides et de la présentation en elle-même mais je trouve que c’est une expérience très enrichissante. En partageant avec les autres, cela nous aide à nous améliorer nous aussi grâce aux retours, aux feedbacks et cela nous pousse à approfondir et entrer dans les méandres du sujet que l’on veut présenter.

Du pair-programming, tu feras.

Faites du pair-programming. Travaillez par exemple sur le développement d’une fonctionnalité avec un ou une collègue. Vous pourrez ainsi apprendre de votre collègue et votre collègue pourra apprendre de vous également.

Le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité, servez-vous en pour vous améliorer et vous prouver que vous assurez. Nous avons la chance de faire un métier où nous sommes payés pour apprendre, et nous apprenons en faisant des erreurs, en explorant, en testant, en itérant. Cet apprentissage continu va vous permettre de prendre confiance en vous.

Vous êtes légitimes !

Le syndrome de l’imposteur, quoi qu’on puisse en dire, est une bonne chose. Il peut vous pousser à vous dépasser, faire de la veille technique pour améliorer vos connaissances, partager vos retours d’expériences… et au final, ce sont des superbes qualités pour un développeur !

Vous êtes développeuse, vous faites un métier technique dans le numérique ou l’informatique, vous souhaitez vous reconvertir ? Si ce métier vous attire, vous passionne, il n’y a pas de raison pour que vous n’y parvenez pas.

N’oubliez pas, vous êtes légitimes ! 😉

Merci beaucoup Aurélie pour ton intervention ! Une question se pose, est-ce que ne pas souffrir du syndrome de l’imposteur révèle d’un manque d’humilité ? Le syndrome de l’imposteur serait-il une sorte de passage obligé ? Ça mériterait un autre article pour en parler.

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