Reconversion #6 : Jennifer, de la gendarmerie Ă  la sĂ©curitĂ© informatique

Communauté
13 février 2020
AprĂšs un dĂ©but de carriĂšre dans la gendarmerie, Jennifer a dĂ©cidĂ© de donner un coup de volant pour changer d’orientation professionnelle. AprĂšs quelques virages entre diffĂ©rentes Ă©coles, elle a atterri chez O’clock pour se former en 6 mois. Elle nous raconte le chemin qu’elle a suivi pour sa reconversion, en direction de la sĂ©curitĂ© informatique, et en passant par le dĂ©veloppement web.

Hello Jennifer ! Merci de prendre le temps de rĂ©pondre Ă  nos questions avant de retourner Ă  ton challenge.

Salut ! Avec plaisir !

Est-ce que, pour commencer, tu peux te prĂ©senter s’il te plaĂźt ?

Oui ! Je m’appelle Jennifer, je vais avoir 29 ans cette annĂ©e et je vis Ă  Mougins, dans le sud, Ă  cĂŽtĂ© de Cannes. J’ai dĂ©cidĂ© de me reconvertir dans l’informatique aprĂšs 3 ans dans la gendarmerie. AprĂšs quelques passages Ă©clairs chez Epitech et Ă  la fac, me voilĂ  chez O’clock. J’ai intĂ©grĂ© la promo Atlantis en novembre 2019. Je suis Ă©galement une grande passionnĂ©e de sport !

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Jennifer, le chat, voici les lectrices et lecteurs.
Les lectrices et lecteurs, voilà Jennifer et le chat, qui visiblement n’en a rien à fiche de vous et de cet article.

Quelles Ă©taient tes motivations pour t’engager dans la gendarmerie, Ă  l’origine ?

J’ai horreur de l’injustice. Je n’aime pas qu’on s’en prenne Ă  plus faible que soi. Je voulais un mĂ©tier oĂč chaque jour serait diffĂ©rent.

J’ai toujours Ă©tĂ© attirĂ©e par les mĂ©tiers oĂč il y a de l’action. J’ai fait un JSP quand j’étais jeune. (prĂ©cision : JSP = Jeune Sapeur-Pompier, rien Ă  voir avec JavaServer Pages).

Pour quelles raisons avoir quittĂ© ce mĂ©tier alors ?

Le mĂ©tier de gendarme, c’était franchement une super expĂ©rience. Je ne regrette pas du tout. J’ai beaucoup appris auprĂšs de personnes incroyables avec des parcours incroyables ! Quand on fait partie de la famille qu’est la gendarmerie, on y reste, mĂȘme si on redevient civil.

Quand je suis rentrĂ©e dans la gendarmerie, j’avais 20 ans. Autant dire que je n’avais rien vĂ©cu. J’y suis restĂ©e seulement 3 ans, mais je peux vous dire que ces 3 ans m’ont transformĂ©e.

Par contre, il y a un manque de libertĂ© qui m’a fait changer d’avis par la suite. La vie en brigade Ă©tait limitĂ©e. Moi qui adore le sport, j’étais contrainte de ne pas pouvoir aller m’entraĂźner comme je voulais. Il faut l’avouer, c’est aussi un mĂ©tier sans vie de famille. C’est une mentalitĂ© qui se rapproche de celle de l’armĂ©e. Je voulais voir autre chose et profiter pendant que j’étais encore jeune pour dĂ©cider rĂ©ellement de ce que je voulais faire de ma vie.

Comment est nĂ©e ta passion pour l’informatique dont tu m’as parlĂ© ?

On va dire que cette passion a toujours Ă©tĂ© lĂ . Je suis dans les extrĂȘmes : j’aime sortir pour me ressourcer, Ă©vacuer les mauvaises Ă©nergies, me dĂ©tendre et oublier le travail et surtout m’entraĂźner ! Pourtant, j’ai un cĂŽtĂ© trĂšs casanier, j’ai besoin d’ĂȘtre Ă  la maison derriĂšre mon PC.

Pour te dire : la premiĂšre chose que je fais aprĂšs le rĂ©veil, c’est allumer mon PC. MĂȘme les jours de repos, je suis sur l’ordinateur. Hier, mon PC a plantĂ© et j’ai dĂ» passer ma journĂ©e Ă  rĂ©installer Windows. Autant te dire que je n’étais pas bien sans mon ordi.

La premiĂšre fois que j’ai eu un PC, c’était tard, j’avais 16 ans. A cette Ă©poque ce n’était pas trop d’actualitĂ© non plus. Je me souviens de l’ordinateur de mes parents, un gros PC avec une limite de 2h par mois d’internet. DĂšs que j’ai eu mon PC, j’étais toujours dessus. Au dĂ©but, je m’y suis intĂ©ressĂ©e via les jeux vidĂ©o. J’étais curieuse, je me demandais : comment ça se fait un jeu vidĂ©o, puis un site


Je m’intĂ©ressais Ă  tout ce qu’on peut faire avec un PC en gĂ©nĂ©ral.

J’ai commencĂ© Ă  suivre quelques tutos un peu partout sur internet, mais ce n’était pas ordonnĂ©. Toutes mes recherches Ă©taient trĂšs brouillon, je cherchais en fonction des besoins ou envies que j’avais.

Est-ce que tu as envisagĂ© ou essayĂ© une formation dans l’informatique dans la gendarmerie ou tu souhaitais une reconversion en dehors de la gendarmerie ?

J’ai dĂ©cidĂ© de quitter la gendarmerie et de faire ma reconversion en dehors. Comme je disais, la vie en brigade ne me convenait plus vraiment.

Comment s’est passĂ©e cette transition alors ?

A l’époque oĂč j’étais encore gendarme et que j’ai commencĂ© Ă  vouloir changer de mĂ©tier, j’ai discutĂ© avec un ami qui Ă©tait en formation Ă  Epitech. Il m’a parlĂ© de ses cours et j’ai trouvĂ© ça trop intĂ©ressant. Je me suis dit : pourquoi ne pas arrĂȘter la gendarmerie et reprendre mes Ă©tudes en informatique ?

Je suis partie pour faire donc une annĂ©e Ă  Epitech. Je n’ai pas pu rester plus de 3 semaines Ă  cause d’un problĂšme de bourse et de remboursement des frais avancĂ©s.

AprĂšs ton mois Ă  Epitech, qu’est-ce que tu as fait ?

AprĂšs Epitech, j’ai essayĂ© de travailler Ă  nouveau. GrĂące Ă  la gendarmerie donc, j’ai pu acquĂ©rir la carte professionnelle pour devenir agent de sĂ©curitĂ© par Ă©quivalence. J’ai bossĂ© comme agent de sĂ©curitĂ© un moment. J’ai mis environ un an Ă  me remettre sur le chemin de la formation aprĂšs Epitech car la situation financiĂšre n’était pas idĂ©ale.

Une annĂ©e aprĂšs, l’informatique me manquait. Je me suis dit qu’il fallait y retourner mais je ne voulais plus faire une Ă©cole payante. La seule qui existait, c’était la fac. J’ai donc fait mon inscription mais je n’avais pas le choix d’une spĂ©cialitĂ©. C’était donc la filiĂšre « informatique et mathĂ©matiques ».

Comment s’est passĂ©e ton expĂ©rience Ă  la fac d’informatique ?

Et bien, elle m’a totalement dĂ©plu car on faisait plus de mathĂ©matiques que d’informatique. C’était un niveau de math de bac S et ayant eu un bac STG, j’étais Ă  la ramasse sur les maths. Je ne comprenais littĂ©ralement pas un mot de ce que disait le prof.

Finalement en cours d’informatique, je m’étais rapprochĂ©e d’un professeur qui a vu la passionnĂ©e d’informatique en moi. Il m’a prĂ©sentĂ© une association Linux dont il faisait partie oĂč ils parlaient des possibilitĂ©s de Linux, des actualitĂ©s dans l’informatique, etc. J’ai commencĂ© Ă  aller Ă  ce qui ressemblait Ă  des cours, donnĂ©s par cette association Linux une fois par semaine.

Une fois, il m’a demandĂ© si ça m’intĂ©ressait d’installer Linux dans une machine serveur dans la fac. C’était vraiment sympa. J’ai tenu 4 mois lĂ -bas. AprĂšs ça, j’avais un ami dĂ©veloppeur freelance Ă  Marseille qui m’a proposĂ© de m’apprendre un peu l’informatique.

Tu as rĂ©pondu « oui » et tu es descendue Ă  Marseille alors ?

Oui ! J’ai beaucoup bougĂ© en France.

Il t’a fait dĂ©couvrir les technologies, t’as donnĂ© des cours particuliers, aidĂ© dans tes premiers pas de dev ?

Il me donnait des exercices car lui bossait en mĂȘme temps depuis chez lui donc c’était pratique. Il me faisait apprendre Java, la logique, la base de donnĂ©es 
 Je suivais beaucoup de cours sur OpenClassrooms aussi.

C’était plus vaste que ce que j’apprends aujourd’hui mais c’était super intĂ©ressant. J’ai fait ça pendant environ 5 mois. Ensuite j’ai eu une mission en sĂ©curitĂ©, juste Ă  cĂŽtĂ© de lĂ  oĂč je me trouvais dans le sud, pour l’équipe de Hongrie dans le cadre de l’Euro 2016. J’ai donc bossĂ© pendant un mois lĂ -bas et voyant que j’avais du boulot dans la sĂ©curitĂ© dans le sud, je me suis installĂ©e ici. Pendant un moment, j’ai donc jonglĂ© entre les deux : mon mĂ©tier dans la sĂ©curitĂ© et pendant mon temps libre, l’informatique.

Une fois bien posĂ©e, j’ai commencĂ© Ă  chercher une Ă©cole, une formation que je pouvais faire. C’est donc Ă  ce moment-lĂ  que j’ai dĂ©couvert O’clock via une pub Facebook. J’ai regardĂ© et le concept m’a carrĂ©ment intĂ©ressĂ© mais je me disais « je ne peux pas payer une autre Ă©cole, aprĂšs tout ça, c’est non ».

Comment as-tu fiancĂ© ta formation alors ?

J’ai vu que je pouvais faire une demande de Fongecif. Le premier dossier a Ă©tĂ© refusĂ© en 2018 et un an aprĂšs, il a Ă©tĂ© acceptĂ© ! J’ai eu la chance d’avoir un patron qui Ă©tait d’accord avec ça. Je suis en CDI dans une boĂźte de sĂ©curitĂ© depuis 2017.

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De gauche Ă  droite : le chat, la tasse O’clock, Jennifer et le TĂ©lĂ©porteur.

Quel est donc ton projet d’avenir maintenant, aprĂšs toutes ces pĂ©ripĂ©ties ?

Mon but ultime en informatique c’est la cybersĂ©curitĂ©.

C’est un objectif Ă  long terme : lier mon mĂ©tier dans la sĂ©curitĂ© et l’informatique. Je n’y suis pas encore, ça se fera peut-ĂȘtre dans 10 ans. Il faut une bonne formation sur ce sujet spĂ©cifique, il faut beaucoup apprendre Ă  cĂŽtĂ©, ça demande du temps
 Je veux quand mĂȘme acquĂ©rir de l’expĂ©rience en tant que dĂ©veloppeuse web et voir pour d’autres formations.

Tu as donc quand mĂȘme des projets de formation qui continuent ! Est-ce que aprĂšs tes expĂ©riences en Ă©coles physiques, tu souhaiterais continuer Ă  te former en tĂ©lĂ©prĂ©sentiel ?

Personnellement : le tĂ©lĂ©prĂ©sentiel, c’est top pour moi. Je sais que tout le monde ne peut pas le faire car les Ă©lĂ©ments perturbateurs arrivent vite, on peut ĂȘtre vite distrait. En tĂ©lĂ©prĂ©sentiel, on peut rĂ©pondre Ă  un appel, par exemple. Je sais simplement que pour moi, j’apprends mieux seule Ă  la maison qu’entourĂ©e d’élĂšves.

Quand j’étais gendarme, j’étais souvent avec de personnes plus ĂągĂ©es que moi. En arrivant Ă  Epitech et Ă  la fac, j’avais 24-25 ans et j’étais avec des Ă©tudiants de 18, 20 ans. C’est vrai que je suis plus dans ma tranche d’ñge chez O’clock.

Est-ce que tu as dĂ©jĂ  une idĂ©e de poste que tu souhaites avoir ? Disons dans 10 ans, une fois que tu seras formĂ©e Ă  la sĂ©curitĂ© informatique ?

Pas du tout, je veux apprendre la cybersĂ©curitĂ© vraiment par curiositĂ© et passion. C’est un domaine qui me plaĂźt et je ne pense pas encore Ă  « travailler pour gagner de l’argent ». Comme quand j’étais gendarme, l’argent n’est pas un moteur principal pour ma motivation. Puisque j’apprends par passion, j’ai du mal Ă  me projeter dans le monde du travail et donc Ă  penser Ă  l’argent. Il vaut mieux se lever le matin et ĂȘtre content de ce qu’on va faire dans la journĂ©e plutĂŽt que de penser Ă  ce qu’on va gagner.

Est-ce que tu peux ou tu souhaites retourner dans la gendarmerie ou dans un autre corps d’état pour y faire ton nouveau futur mĂ©tier ?

Pour retourner en gendarmerie, il ne faut pas ĂȘtre trop Ă  la traĂźne car il y a un Ăąge limite. Disons que lĂ  j’ai 28 ans, il est dĂ©jĂ  trop tard pour ĂȘtre Gendarme Adjoint Volontaire. L’ñge limite pour devenir sous-officier est de 35 ans, aprĂšs une annĂ©e d’école. Il me resterait 6 ans pour passer mes concours. Au final, je ne pense pas retourner dans ce milieu.

Je pourrais y retourner en tant que rĂ©serviste, pourquoi pas. Mais redevenir gendarme, c’est retourner vivre en caserne et ça ne m’intĂ©resse pas. Ce qui m’intĂ©resserait vraiment, c’est de bosser en informatique avec un de ces corps d’état, mais Ă  distance.

A la rigueur, juste de bosser en informatique, Ă  distance, ça serait top. Je veux m’exiler dans la montagne, avec la fibre bien sĂ»r. Je veux m’éloigner des grandes villes.

Tu rĂȘves donc d’un poste en tĂ©lĂ©travail Ă  la montagne maintenant ?

Ah oui, tout Ă  fait. C’est encore compliquĂ© pour se former car le tĂ©lĂ©prĂ©sentiel n’est pas fait par toutes les Ă©coles ni sur tous les sujets encore et les entreprises ne sont pas toutes en tĂ©lĂ©travail non plus.

(N.B. Ă  O’clock : ajouter dans les cartons une formation sĂ©curitĂ© informatique.)

Avant de rĂȘver du chalet en montagne, est-ce que tu rĂȘves dĂ©jĂ  de ton choix de spĂ©cialisation avec O’clock ?

Oui, je pense que je vais me lancer dans la spé React. Symfony est plus adapté pour la sécurité informatique, mais je veux avoir React sur mon CV. Ensuite je vais profiter des replays des cours sur Symfony pour me former de mon cÎté. Je réfléchis aussi au projet de fin de formation depuis la rentrée mais, pour le moment, je ne sais pas vraiment. Tout va dépendre de mon groupe de travail.

Un petit mot pour conclure ?

Je voulais vous remercier, vous ! Oui, vous, O’clock. Ma premiĂšre impression de vous ne m’a pas trompĂ©e. Vous m’avez redonnĂ© goĂ»t aux Ă©coles informatiques. Vous faites passer votre passion avant tout et vous nous la transmettez. Je retrouve une ambiance assez similaire Ă  la gendarmerie ! Autant dire : une excellente ambiance ! Vous ne laissez personne derriĂšre. On avance tous ensemble et ça, c’est tout simplement incroyable. Alors surtout, ne changez pas ça. Gardez surtout votre passion mĂȘme si vous ĂȘtes victime de votre succĂšs (ce qui est en train d’arriver).

S’il y a une chose que la gendarmerie m’a apprise, c’est de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. On ne sait pas ce qui arrivera le lendemain. Alors surtout, ne regrettez rien et n’abandonnez pas vos rĂȘves. Sur ce, je vous laisse mon parcours m’attend !

Pour conclure : Atlantis en force !!!

AprĂšs ces mots doux et avec la larme Ă  l’Ɠil, on te souhaite bon courage, une belle rĂ©ussite et un paquet de cafĂ©. Ou deux. Pendant ce temps-lĂ , on va acheter des mouchoirs.

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